Derrière la porte, un long couloir, chaque son semblait être étouffé avant même d’avoir pu se répercuter, aucune parole, aucun bruit de pas, pas même les siens ne s’entendait.
Lentement, il avança dans ce long couloir bordé de murs de plâtre blanc, et seulement éclairé par des lumières ternes. Il ne regardait pas en arrière, il ne le faisait jamais.
Un couloir interminable qui paraissait s’étendre à perte de vue et qu’il lui semblait avoir déjà parcouru.
Il céda à une impulsion et tourna la tête. La porte ne se trouvait pourtant tout au plus qu’à une dizaine de mètres derrière lui…. étrange… En se retournant, son oeil perçu des marques gravées dans le plâtre vieillissant du mur de droite, il interrompit alors son mouvement pour les observer de plus près:
Une croix, un trait … gravés par un ongle… Il y inscrivit un rond à côté des deux autres signes en remarquant un étrange similarité dans leur motif.
Se pourrait-il que je sois déjà passé par là ? Se dit-il en tournant la tête. Cela semblait impossible.

Il faut que je …
Une porte nue lui faisait face.
Comme dans un rêve, sa main se dirigea d’elle même vers la poignet de métal froid et l’abaissa.
Sans bruit, sans a-coup, la porte glissa sur ses gonds.
Il observa un instant cette porte de bois sombre gris-bleu vernis avec une impression de déjà-vu, rien ne différenciait cette porte de … Mais de quoi au juste ? Ce n’était qu’une porte après tout comme des dizaines d’autres portes de bâtiment administratif qu’il avait franchit dans sa vie.
Que diable ! Il franchit ce seuil là en chassant ces pensées de sa tête.

De l’autre côté, un long couloir,éclairé d’une lumière glauque, pas un son ne se faisait entendre, il marcha en observant le revêtement de plastique bleu-gris très sombre du sol, et les murs de plâtre blanc, se demandant d’où pouvait provenir ce froid si persistant. Ses jambes lui faisait mal, comme s’il avait marché des heures durant, trouvant cette sensation étrange puisqu’il savait être arrivé quelques minutes plus tôt, un employé administratif lui avait gentiment montré le seuil de la porte.
« Avancez tout droit » lui avait-il dit, « ne vous retournez pas ». Quelle remarque étrange pour un homme aussi étrangement banal. Tout ce dont il se souvenait à propos de lui était son visage commun, il ne parvenait pas à fixer dans son esprit les détail de celui-ci, ce dont il était sûr c’est bien qu’il s’agissait d’un visage auquel on ne prête pas particulièrement attention. Deux mots lui restaient cependant dans la tête : long et blanc.
Un homme long et blanc ? Cela n’a aucun sens !
Il continuait se faisant d’avancer.
Cédant à une impulsion, il se retourna, le couloir ne devait pas mesurer plus de dix mètres.
Étrange… il lui semblait avoir progresser plus d’une minute… Étrange également ces gravures inscrites dans le mur de droite.
Il rajouta la sienne parmi les dizaines déjà pratiquées dans ce plâtre vétuste, il n’aurait su dire pourquoi, mais c’était là ce qu’il lui semblait le plus approprié de faire sur le moment.
Il s’apprêta à franchir le seuil d’une porte qu’il n’avait alors pas encore remarqué.

Non loin de là, dans une pièce obscure éclairée par des dizaines d’écrans. Deux hommes en observaient des dizaines d’autres. L’un d’eux portait une blouse longue et blanche, et attendait avec patience de répondre aux questions du second.
« Comment appelez-vous cette expérience ? »
« Sisyphe, l’expérience Sisyphe. »